En me relisant je prends conscience de la tristesse poisseuse qui colle à mes mots. Cette femme désabusée, est-ce vraiment celle que je suis devenue ?  Moi qui toujours ai cherché la meilleur part, l'angle de vue le plus doux .... Je ne remercierai jamais assez les mots qui me font percevoir la pente sur laquelle je m'avance. Il était temps de reprendre l'écriture de ce blog et de retrouver la souriante Irène, celle que je suis sans doute restée tout au fond de moi. Mon challenge des semaines, peut-être des mois à venir sera de la faire renaitre, en dépit des aléas de la vie. Joli projet mais dur combat. Je suis heureuse que ce blog soit déserté de ses lecteurs; cela me permettra de tomber sur le chemin sans crainte, et de me relever bien sûr. Une fois de plus les mots seront mes amis sur  la route. Tant que je saurai les écrire, les ordonner et les comprendre, je me sentirai complètement humaine malgré les obstacles.

En relisant mon petit carnet rose, je retrouve les notes prises hier soir en sortant du cinéma. Bertrand avait envie de sourire, moi aussi, alors nous sommes retournés au petit cinéma de notre village. J'ai toujours un peu peur de ne pas reconnaitre quelques connaissances, mais Bertrand, rompu à l'exercice depuis des années, dit toujours bonjour à nos voisins en les appellant par leur nom, ce qui très souvent (mais c'est de moins en moins vrai) déclenche en moi une ébauche de souvenir et m'évite le faux-pas. Le film d'hier soir, "Retour chez ma mère" a fait rire la salle et moi aussi a certains moments, mais sur le fond je semble l'avoir trouvé détestable. du moins est-ce ce que j'ai griffonné dans l'urgence en sortant de la séance. Tromperie, bassesse, égoïsme, irrespect; voilà ma perception d'une histoire dont je ne garde en mémoire que quelques flashes sans intéret.