La mémoire incertaine

jeudi 7 juillet 2016

Desolée

Je suis vraiment désolée, mais écrire ici me demande trop d'énergie.

La partie s'achève.

Prenez soin de vous.

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mercredi 6 juillet 2016

Balai-pont

Longtemps je me suis appuyée sur une fée du logis plus que parfaite. C'était au temps de la grande maison et de la vraie vie. Nos années de travail en commun nous avaient rodées l'une à l'autre et chacune prenait sa part dans la bonne humeur et le souci du ménage bien fait. Et puis l'âge et la maladie sont venus, le moment de sa retraite aussi et je me souviens combien j'ai pleuré son départ. Une autre petite fée, recommandée par une amie, est entrée dans ma vie, efficace et discrète, mais ce n'était pas tout à fait pareil. d'autant que petite fée a une santé fragile et une famille exigeante. Beaucoup d'absences, mais que faire ? Puis nous avons emménagé dans la mini maison, plus facile à gérer et après des mois de relative quiétude, voilà que petite fée tombe malade au début du printemps. Analyse, examens, IRM programmés, intervention chirurgicale sans doute. Me voilà bien embêtée.

La société prestataire de services à la personne de mon village me propose une employée. Maivaise expérience: travail baclé et soupirs à fendre l'âme, une jolie bague en nacre disparait (mais avec ma mémoire en vrac je me garderai bien de tirer des conclusions sauf que plusieurs semaines plus tard, elle n'a toujours pas réapparu). Bref, je mets fin au contrat et me voilà revenue au point de départ. Avec le maniaquerie qui ne m'a jamais quittée, je passe une grande partie de mes journée à briquer la maison et à m'épuiser dans des tâches qui exigent plus d'énergie que je n'en ai désormais.

Bertrand, toujours aux petits soins, demande conseil à Marylin (grrrr) qui l'oriente vers une société des plus chics. Le pire camouflet de ma vie. La responsable de ce juteux bisness vient nous rencontrer, hésite presque à rentrer tant notre mini maison est éloignée des criteres de la maison bourgeoise pour laquelle elle propose ses services, annonce des tarifs horaires d'hôtel quatre étoiles et s'en retourne sur un hochement de tête (je brode un peu, mais c'est bien l'esprit de la rencontre). Son attitude aurait-elle était la même si nous étions restés dans la grande maison ? Nous sommes les mêmes pourtant et nos revenus n'ont pas changé. Mais l'apparence .....

Bref, me voici vraiment fort ennuyée !

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mardi 5 juillet 2016

mes amis les mots

En me relisant je prends conscience de la tristesse poisseuse qui colle à mes mots. Cette femme désabusée, est-ce vraiment celle que je suis devenue ?  Moi qui toujours ai cherché la meilleur part, l'angle de vue le plus doux .... Je ne remercierai jamais assez les mots qui me font percevoir la pente sur laquelle je m'avance. Il était temps de reprendre l'écriture de ce blog et de retrouver la souriante Irène, celle que je suis sans doute restée tout au fond de moi. Mon challenge des semaines, peut-être des mois à venir sera de la faire renaitre, en dépit des aléas de la vie. Joli projet mais dur combat. Je suis heureuse que ce blog soit déserté de ses lecteurs; cela me permettra de tomber sur le chemin sans crainte, et de me relever bien sûr. Une fois de plus les mots seront mes amis sur  la route. Tant que je saurai les écrire, les ordonner et les comprendre, je me sentirai complètement humaine malgré les obstacles.

En relisant mon petit carnet rose, je retrouve les notes prises hier soir en sortant du cinéma. Bertrand avait envie de sourire, moi aussi, alors nous sommes retournés au petit cinéma de notre village. J'ai toujours un peu peur de ne pas reconnaitre quelques connaissances, mais Bertrand, rompu à l'exercice depuis des années, dit toujours bonjour à nos voisins en les appellant par leur nom, ce qui très souvent (mais c'est de moins en moins vrai) déclenche en moi une ébauche de souvenir et m'évite le faux-pas. Le film d'hier soir, "Retour chez ma mère" a fait rire la salle et moi aussi a certains moments, mais sur le fond je semble l'avoir trouvé détestable. du moins est-ce ce que j'ai griffonné dans l'urgence en sortant de la séance. Tromperie, bassesse, égoïsme, irrespect; voilà ma perception d'une histoire dont je ne garde en mémoire que quelques flashes sans intéret. 

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lundi 4 juillet 2016

Anesthésie des sentiments

il y a une vitre entre le monde et moi. Je regarde la vie tout  autour mais je n'y participe plus. Je ne perds pas seulement la mémoire; j'oublie le goût des sensations, la douceur du  soleil sur ma peau, la moiteur des soirées d'été lorsque le petit rosé adoucit le contour des choses et que les bougies rapprochent les ombres que la journée a séparées. Ma capacité d'émotion s'émousse sans même que j'en éprouve du chagrin. 

J'évolue désormais dans une bulle où les absents prennent toute leur place, parfois plus grande que celle des vivants. Et le plus incroyable, c'est que ça ne se voit pas. Mon apparence n'a pas vraiment changé, ma parole est presque aussi rapide et j'accomplis sans faiblir les actes familliers. Mais à l'intérieur c'est une autre affaire. Je mobilise à chaque instant mon énergie pour faire comme si, je fais semblant d'eprouver des sentiments dont seul mon intellect a gardé la clé, je triche sans cesse avec ma vérité. Et c'est compliqué.

Je donnerai n'importe quoi pour retrouver mes enthousiasmes et mes colères, mes amours et mes dégoûts. mais je n'y arrive plus. Je survis dans une ataraxie aride et désolée. Ma tolérance, mon écoute, ma patience et ma compréhension ne sont plus désormais que le reflet de mon anesthésie affective; Mais cela bien sûr, je ne le dis pas.

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dimanche 3 juillet 2016

Tant de mois

Tant de mois sans écrire ici. Sans écrire du tout parfois. Si ce n'est sur mes petits carnets, mes mémoires de secours toujours tellement presentes dans ma vie. Pour ceux qui me lisaient, et qui ont sans doute désertés ce blog abandonné, je devrais combler les vides de ces années d'absence. Seulement voilà, je ne sais plus.... Les traitements me permettent de mener une vie en apparence presque normale, en dépit de la fatigue et des lourds effets secondaires. Bertrand s'éloigne de plus en plus souvent, occupé par des projets où je n'ai aucune place; et les enfants vivent chacun leur vie de couples quarantenaires. Mais dans le fond ce passage de l'activité à la contemplation a pour moi quelque chose de profondemment apaisant, comme si je pouvais enfin me concentrer sur l'essentiel.

Je mesure ma chance et même si le présent n'est pas à la hauteur de mes rêves anciens, je sais que ces epreuves sont autant de carrefours qui me donnent la liberté de choisir mes ultimes chemins et de façonner le reste de ma vie.

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